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Accueil » Le parti » Repères historiques » Les années 1980, ou le référendum et le « beau risque »

Les années 1980, ou le référendum et le « beau risque »


Après le rendez-vous raté de mai 1980 et malgré des tiraillements internes, René Lévesque demeure l’homme fort du Parti. Une décennie marquée par le « beau risque » et les « longs couteaux »…


Avril 1980 : Oui !
René Lévesque publie, aux Éditions de L’Homme, un ouvrage intitulé Oui ! et exposant son opinion personnelle sur l’avenir constitutionnel du Québec.

20 mai 1980 : référendum au Québec

Le thème de la campagne du OUI est simplement… « OUI ».
Près de 60 % des électeurs se prononcent pour le « NON ». Dans la circonscription de Taillon, représenté par le premier ministre René Lévesque, le « OUI » l’emporte par 1245 voix de majorité.

Septembre 1980 : création de comités nationaux d’action politique
Le Parti Québécois crée le comité national d’action politique des jeunes, le comité national des anglophones et le comité de liaison avec les groupes ethniques.

3 au 5 octobre 1980 : conseil national élargi
Sur le thème « Le Québec des années 80 ».
À la suite de l’échec référendaire et en vue des prochaines élections, les membres du Parti réaffirment l’option souverainiste et prennent l’engagement de ne pas tenir un autre référendum sur cette question au cours d’un second mandat.

13 avril 1981 : élections générales au Québec
Le thème de la campagne du Parti Québécois est : « Faut rester forts au Québec ».
Le Parti Québécois est réélu avec 49,2 % de la faveur populaire et 80 députés.
Les électeurs de Taillon réélisent René Lévesque avec 21 535 votes, contre 9 500 pour le candidat libéral.

Mai 1981 : création du Centre d’animation politique

Septembre 1981 : colloque « La participation des Anglo-québécoises et des Anglo-québécois dans le Québec d’aujourd’hui et de demain » organisé par le comité national des anglophones

Octobre 1981 : publication du manifeste Vers la majorité par le conseil exécutif national du Parti Québécois

4 novembre 1981 : la « nuit des longs couteaux »
Dans la nuit du 4 au 5 novembre, les négociations sur la question constitutionnelle canadienne sont brutalement… conclues. Alors que les sept premiers ministres des provinces canadiennes à la table de négociation avec Ottawa renient leur parole.
En l’absence des représentants québécois, et sans en parler à la délégation québécoise, ils abandonnent le Québec et s’entendent avec Ottawa sur une nouvelle constitution pour le Canada, rapatriée l’année suivante.

4 au 6 décembre 1981 : 8e congrès national
Au Centre Claude-Robillard et à l’Université de Montréal, sur le thème « C’est souverainement le temps ».
Les délégués éliminent la question de l’association dans les démarches vers la souveraineté du Québec. Ils adoptent une résolution selon laquelle un gouvernement du Parti québécois devra enclencher le processus d’accession à l’indépendance sur la base d’une majorité de sièges obtenue lors d’une prochaine victoire électorale. René Lévesque s’oppose et décide de s’accorder quelques jours de réflexion. Il annonce la tenue d’un référendum interne auprès de tous les membres du parti afin que ceux-ci puissent indiquer leur position quant aux décisions prises au cours de ce congrès, qui se poursuivra en février 1982.

13 décembre 1981 : manifeste
Le conseil exécutif national publie un manifeste sur les options fondamentales du Parti.

6 janvier 1982 : départ de Claude Morin

Claude Morin quitte la vie politique. Il remet sa démission en tant que ministre et député.

9 février 1982 : le « René-rendum »

Les résultats du référendum interne, qu’un journaliste a qualifié de « René-rendum », sont dévoilés. Un total de 95 % des 143 000 membres présents, ce qui représente environ 50 % du nombre total de membres que compte alors le PQ, disent « oui » à la question posée par René Lévesque et l’exécutif national du parti ; les résolutions du 8e congrès relatives au processus devant mener à la souveraineté sont annulées.

13 et 14 février 1982 : suite du 8e congrès national

On adopte trois principes fondamentaux :

  • La nécessité d’obtenir une majorité des suffrages électoraux et non une simple majorité de sièges lors d’une élection générale pour mettre en marche le processus d’accession à la souveraineté ;
  • L’annulation du lien obligatoire entre souveraineté et association, mais le maintien d’une offre d’association économique avec le reste du Canada ;
  • La reconnaissance de la diversité culturelle du Québec.

8 et 9 mai 1982 : colloque « S’organiser » organisé par le comité d’action politique des femmes

Juin 1982 : implication au fédéral

Le conseil national adopte le principe de l’implication du Parti Québécois sur la scène fédérale lors des prochaines élections générales à s’y tenir.

22 juin 1982 : départ de Guy Bisaillon
Guy Bisaillon remet sa démission à la suite de l’adoption de la loi 70 imposant des réductions des salaires de 20 % dans le secteur public.

11 au 13 novembre 1983 : colloque national « Maîtriser le changement » à l’École des Hautes études commerciales

Été 1984 : 9e congrès national

Au Palais des congrès de Montréal, sur le thème « Souveraineté, un monde neuf ».
En dépit de l’opposition de René Lévesque, les délégués adoptent la résolution suivante : « Un vote pour le Parti Québécois sera un vote pour la souveraineté du Québec ».

4 septembre 1984 : la souveraineté en veilleuse

René Lévesque demande à ses ministres de mettre de côté, jusqu’à la fin de l’année, toute prise de position publique sur la question de la souveraineté.

16 octobre 1984 : le « beau risque »
Lors du discours inaugural de la session de l’Assemblée nationale, René Lévesque considère la victoire de Brian Mulroney et des conservateurs sur la scène fédérale comme « un beau risque » que le Québec devrait prendre.

24 octobre 1984 : moratoire levé sur la souveraineté
René Lévesque lève le moratoire imposé à ses ministres sur les interventions publiques au sujet de la souveraineté.

27 octobre 1984 : Pierre Marc Johnson au quotidien Le Devoir
Pierre Marc Johnson livre ses idées quant à la souveraineté du Québec dans une entrevue au journal Le Devoir.

10 novembre 1984 : déclaration publique des « orthodoxes »
En réponse aux révisionnistes, 12 ministres qualifiés d’« orthodoxes » signent une déclaration publique réaffirmant la nécessité pour le Québec de faire la souveraineté.

19 novembre 1984 : Lévesque et la souveraineté

Dans une lettre adressée aux militants du Parti Québécois, René Lévesque souligne que la souveraineté ne doit être l’enjeu de la prochaine élection « ni en totalité, ni en partie ». Selon lui, la souveraineté devrait rester la suprême police d’assurance du peuple. Le conseil exécutif national convoque un congrès extraordinaire le 19 janvier 1985 dans le but de modifier le texte de l’article 1 du programme adopté au congrès de l’été 1984.

20 novembre 1984 : départ de Pierre De Bellefeuille
Refusant cette nouvelle orientation, le député de Deux-Montagnes, Pierre De Bellefeuille, démissionne du caucus des députés du Parti Québécois et annonce qu’il siégera dorénavant comme député indépendant.

22 novembre 1984 : démissions ministérielles
Cinq ministres du cabinet de René Lévesque imitent le geste de Pierre De Bellefeuille. Il s’agit de Jacques Parizeau, Camille Laurin, Jacques Léonard, Gilbert Paquette et Denise Leblanc.

27 novembre 1984 : départ de Louise Harel
Louise Harel se joint au groupe et démissionne.

19 janvier 1985 : congrès extraordinaire
À l’invitation de leur chef René Lévesque, les délégués révisent l’article 1 du programme adopté lors du 9e congrès national. En conséquence, 495 délégués, avec à leur tête les ministres « orthodoxes », refusent d’entériner cette résolution et quittent le congrès.

20 juin 1985 : démission de René Lévesque
René Lévesque remet sa démission comme président du Parti Québécois.

29 septembre 1985 : Pierre Marc Johnson, président
Pierre Marc Johnson est élu président du Parti Québécois avec 58,7 % des suffrages exprimés. Il devient le 2e chef du Parti Québécois.
L’affirmation nationale (à l’intérieur du Canada) remplace le « beau risque ». La question constitutionnelle est mise sur la glace.

3 octobre 1985 : Pierre Marc Johnson, premier ministre
René Lévesque démissionne de son poste de premier ministre. Pierre Marc Johnson lui succède et est assermenté premier ministre du Québec.

2 décembre 1985 : élections générales au Québec
Le thème de la campagne du Parti Québécois est : « Le Québec avec Johnson ».
C’est le retour en politique de Louise Harel.
Le Parti Québécois perd le pouvoir après deux mandats au gouvernement.

Janvier 1986 : Attendez que je me rappelle
Les mémoires de René Lévesque, Attendez que je me rappelle, sont publiées et tirées à plus de 100 000 exemplaires.

13 septembre au 1e octobre 1986 : tournée des députés _Sur le thème « L’équipe du Parti Québécois à l’écoute et en action ».
Le caucus des députés du Parti Québécois effectue une tournée de toutes les régions du Québec afin de rencontrer les citoyens et échanger avec eux sur les sujets de l’heure.

12 au 14 juin 1987 : 10e congrès national
À l’Université Laval, à Québec, sur le thème « Agir dès maintenant ».
Les délégués conservent comme objectif fondamental de réaliser la souveraineté du Québec par voie démocratique, mais, en attendant cette réalisation, ils proposent « une démarche d’affirmation nationale ferme » à l’intérieur de la fédération canadienne.
Les délégués dénoncent l’entente constitutionnelle conclue deux semaines plus tôt à Ottawa (Lac Meech). Ils créent aussi le comité national des jeunes et intègrent au programme du parti les éléments essentiels d’une politique de plein-emploi.

1er novembre 1987 : décès de René Lévesque
À l’âge de 65 ans, René Lévesque, père fondateur du Parti Québécois, s’éteint à la suite d’un arrêt cardiaque. Des milliers de Québécoises et Québécois lui rendent un dernier hommage.

10 novembre 1987 : démission de Pierre Marc Johnson
Pierre Marc Johnson démissionne de ses postes de chef de l’opposition officielle, président du Parti Québécois et député d’Anjou.

18 novembre 1987 : retour de Jacques Parizeau en politique

19 mars 1988 : Jacques Parizeau, président
Jacques Parizeau est élu chef du Parti Québécois sans opposition. Il devient le 3e chef du Parti Québécois.
Il promet que le Parti fera la promotion de la souveraineté « avant, pendant et après les élections ».

25 novembre 1988 : congrès extraordinaire
À Saint-Hyacinthe, sur le thème « Des idées claires pour le Québec ».

25 septembre 1989 : élections générales au Québec Le thème de la campagne du Parti Québécois est : « Je prends le parti du Québec ».
C’est le retour en politique de Jacques Léonard qui quittera définitivement la vie publique en mars 2001.
Le Parti libéral est réélu. Le Parti Québécois fait élire 29 députés avec 40,2 % du vote.




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