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Accueil » La plate-forme » Économie

Faire face à la crise et créer de la richesse

« Pour réussir, nous avons besoin d’une équipe qui a l’expérience et la volonté d’agir.

Dès notre arrivée au pouvoir, la première tâche qui mobilisera nos énergies sera de mettre en œuvre des mesures concrètes pour atténuer les effets de la crise financière qui secoue notre économie.

Il faut protéger l’équipage et le navire durant la tempête. Mais il ne faut pas s’arrêter uniquement à cette crise. Nous devons voir plus loin. Il faut comprendre que le temps est venu de donner un coup de barre, de prendre des décisions pour créer de la richesse. »

Pauline Marois

La situation économique actuelle est inquiétante et pas uniquement à cause de la crise qui secoue les marchés. Le gouvernement libéral a mal préparé le Québec à l’éventualité de situations difficiles. Dès 2003, il a fait les mauvais choix :

  • Coupes de plus de un milliard de dollars dans les mesures de développement économique comme la recherche et le développement.
  • Annulation du plan de réduction de la taxe sur le capital que le gouvernement du Parti Québécois avait amorcé dès 2001.
  • Diminution du rôle d’Investissement Québec et de la Société générale de financement (SGF).
  • Changement du rôle de la Caisse de dépôt et placement du Québec pour mettre en sourdine sa mission de développement économique du Québec.
  • Échec des Fonds d’intervention économique régional.
  • Privatisation des Innovatechs qui donnaient accès à du capital de risque dans les secteurs de pointe.
  • Absence de concertation avec les agents économiques.
  • Absence d’une vision et d’une stratégie économiques.

Tous ces gestes ont eu des effets négatifs sur la productivité de nos entreprises. Ils les ont fragilisées et privées d’atouts pour faire face aussi bien à la crise actuelle qu’à la concurrence sur les marchés étrangers.

Le gouvernement libéral a choisi de chômer et d’ignorer les maux dont souffre notre économie. Au cours des 40 dernières années, l’économie québécoise a crû de façon importante et s’est radicalement transformée. Toutefois, il y a encore beaucoup de terrain à rattraper : le revenu moyen d’un Américain est de 44,2 % supérieur à celui d’un Québécois et celui d’un Canadien lui est supérieur de 9,7 %. Notre productivité accuse un retard considérable par rapport à la productivité moyenne des économies canadienne et américaine. Le Québec a vu sa part des investissements privés non résidentiels au Canada passer de 15,6 % à 13,3 % au cours des cinq dernières années.

Les choix économiques faits par le gouvernement Charest depuis cinq ans ont été très mauvais. Ils reflètent un gouvernement qui ne croit pas dans la capacité du Québec d’être une société gagnante. Depuis que les libéraux sont au pouvoir, la croissance économique réelle du Québec est inférieure à la moyenne canadienne ! Alors que la moyenne canadienne est de 2,34 %, la croissance du Québec est de 1,66 %. Nous reculons au moment où il faudrait avancer. C’est cela la performance économique des libéraux de Jean Charest.

Depuis quelques années, le Québec est paralysé par l’absence totale de leadership et de vision politique quant aux enjeux qui affectent notre économie. Les grands débats portant sur les véritables défis, comme l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises, n’ont pas su trouver de relais politiques efficaces. De plus, de nombreux projets structurants pour l’économie québécoise ont lamentablement échoué, faute de leadership et de courage politique.

En raison de la situation économique actuelle et des grandes tendances qui affectent l’économie mondiale, le Québec se trouve aujourd’hui à un point tournant.

Pour favoriser la création de la richesse pour l’ensemble des Québécoises et des Québécois, nous avons plusieurs défis à relever :

  1. Poser des gestes immédiats pour protéger les travailleurs et les entreprises des contrecoups de la déstabilisation des marchés financiers.
  2. Créer un environnement d’affaires exceptionnellement propice à l’investissement, notamment pour faire du Québec un endroit favorable à la création d’entreprises.
  3. Appuyer les PME pour les aider à hausser le niveau de leur productivité et accélérer la croissance de la valeur de leurs exportations.
  4. Intensifier les activités de recherche.
  5. Investir dans l’éducation et la formation de nos travailleurs afin de pouvoir combler les 700 000 emplois qui seront à pourvoir entre 2008 et 2011 et pour aider celles et ceux qui tentent de retourner sur le marché du travail.
  6. Assurer concrètement la croissance et le dynamisme économique des régions en leur donnant les outils nécessaires à leur développement.
  7. Appuyer les secteurs agroalimentaires et des pêcheries.
  8. Assurer la relance de l’industrie de la forêt pour soutenir les 30 000 travailleurs de nos régions qui subissent une crise sans précédent, 30 000 travailleurs que le gouvernement libéral a abandonnés à leur sort.

1.1. Sortir gagnant de la crise

Au Parti Québécois, nous avons l’expérience et la capacité de mettre en place un plan d’action qui s’adresse, à court terme, aux travailleurs et aux consommateurs afin de les aider à passer au travers de la tempête et aux entreprises pour les aider à maintenir le cap malgré les fortes turbulences que connaîtra l’économie mondiale.

Le Plan que nous proposons amenuisera les conséquences nuisibles du ralentissement économique mondial sans créer de pression sur les finances publiques du Québec.

Des mesures pour la population

Afin d’aider les travailleurs qui perdront leur emploi, d’appuyer les familles dans la gestion de leur budget et de soutenir la confiance des consommateurs, un gouvernement du Parti Québécois mettra en place les mesures suivantes :

Bonification des programmes de formation de la main-d’œuvre

Le Parti Québécois s’engage à offrir à tous les travailleurs qui ont perdu leur emploi un soutien au revenu accru qui leur permettra de participer à des programmes de formation qui visent à réintégrer le marché du travail. Emploi-Québec aura le mandat de favoriser un démarrage plus rapide de la formation pour les travailleurs sans emploi en réduisant le nombre d’inscriptions requis pour ces formations. Aussi, le Parti Québécois propose de former des comités d’aide au reclassement même lorsque les licenciements collectifs touchent moins de 50 employés. Cette mesure sera mise en œuvre pour la durée de la crise et elle ne sera appliquée que pour les mesures d’Emploi-Québec. Pour les entreprises qui licencient moins de 50 employés, Emploi-Québec assumera le coût de la mesure.

Application d’un crédit d’impôt non remboursable au contribuable

Pour une durée ponctuelle de deux ans, le Parti Québécois propose d’accorder aux ménages de la classe moyenne, dont les revenus globaux ne dépassent pas 150 000 $, un crédit d’impôt non remboursable équivalent à 20 % des premier 5000 $ d’intérêts annuels payables sur une hypothèque d’une résidence principale. En contrepartie, pour ceux ou celles qui auront choisi de profiter de cette mesure, le crédit d’impôt reçu devra être remboursé lors de la vente de la résidence à partir du gain en capital réalisé.

Remise d’une aide ponctuelle aux bénéficiaires du crédit d’impôt pour la TVQ

Afin de stimuler la consommation, de rehausser la confiance des consommateurs et de soutenir les familles à plus faible revenu, le Parti Québécois procèdera à un versement exceptionnel de 200 $ aux prestataires du crédit d’impôt pour la TVQ.

Report de deux ans de la conversion d’un REER en FEER

Afin d’amenuiser l’effet néfaste de la crise boursière sur les personnes âgées qui, de par la loi, doivent convertir leur REER ou leur RPA en rente imposable à compter de leur 71e anniversaire, un gouvernement du Parti Québécois reportera cette obligation à l’âge de 73 ans. Cette mesure est ponctuelle pour une période de deux ans. Ainsi, plus de 100 000 personnes pourront éviter de liquider des actifs financiers au moment où ils sont dévalués.

Des mesures pour la PME et la grande entreprise

Un gouvernement du Parti Québécois bonifiera le programme de garantie de prêt pour les entreprises et particulièrement les PME. Investissement Québec et la SODEC accorderont, chacun dans leurs champs d’activité, une aide aux besoins de fonds de roulement des entreprises en garantissant les prêts auprès d’une institution financière. De plus, considérant la turbulence dans les marchés financiers et les conséquences négatives qu’elle entraîne sur la capitalisation des grandes entreprises québécoises, fleurons de notre économie, un gouvernement du Parti Québécois mettra en place deux mesures temporaires :

  • Création d’un Fonds d’investissement stratégique qui donnera à la Caisse de dépôt et placement du Québec le mandat de mettre en place un fonds d’investissement pour les entreprises québécoises qu’elle gèrera selon les règles de bonne gestion. Celui-ci aura une durée de vie de sept ans. La participation du fonds sera limitée à 25 % dans une même entreprise. Le fonds sera alimenté à même les fonds de la Caisse ou, au besoin, par une contribution spéciale du gouvernement du Québec qui capitalisera ainsi certains passifs comptables.
  • Modification du plafond d’investissement des Fonds fiscalisés (Fonds de solidarité des travailleurs du Québec, Fondaction et Capital régional et coopératif Desjardins). Le plafond d’investissement admissible des Fonds fiscalisés sera augmenté de façon à leur permettre d’investir dans des entreprises québécoises qui possèdent une capitalisation maximale de 1 milliard $. Cette mesure exceptionnelle sera effective pour une durée maximale de cinq ans.

1.2. Soutenir les entreprises

  • Éliminer, avant 2010, la taxe sur le capital.
  • Baisser le taux marginal effectif d’imposition des entreprises.
  • Adopter des mesures fiscales qui visent à encourager l’investissement privé, notamment l’investissement dans les équipements.
  • Simplifier la réglementation et les procédures administratives touchant les entreprises.
  • Appuyer le développement de l’entrepreneurship.
  • Adopter des mesures qui favorisent la création d’entreprises et soutiennent les entreprises existantes comme dans le secteur du tourisme ou dans celles liées à la deuxième et troisième transformation des ressources.

1.3. Reprendre le leadership en matière de recherche et d’innovation

  • Soutenir les entreprises en matière de recherche de pointe et au cours des phases de prototypage, de testage et de mise en marché d’innovations technologiques.
  • Offrir un soutien aux projets d’innovation afin de permettre aux entreprises du Québec d’occuper une position privilégiée à l’échelle mondiale.
  • Réinvestir en éducation afin que nos universités redeviennent des centres d’excellence et des milieux dynamiques de recherche.
  • Augmenter les enveloppes des organismes subventionnaires québécois pour la recherche.
  • Améliorer le positionnement international des milieux de recherche québécois qui misent sur l’internationalisation croissante des réseaux de recherche.
  • Inciter les universités à augmenter leurs bourses institutionnelles dédiées aux études supérieures.

1.4. Améliorer la formation professionnelle pour que chaque Québécoise et chaque Québécois puisse trouver ou retrouver un emploi

  • Créer de nouvelles passerelles entre la formation professionnelle et la formation technique, principalement au niveau collégial, afin de faciliter le parcours des personnes durant leur formation.
  • Répondre aux besoins en formation, notamment en donnant accès à des cours à temps partiel tant en formation professionnelle et technique qu’en formation continue, et ce, au secondaire comme du cégep.
  • Adopter des mécanismes pour reconnaître plus facilement les acquis professionnels.
  • S’assurer que les régions puissent continuer à offrir, malgré un contexte démographique défavorable, des cours de formation continue de qualité dans des domaines variés.
  • Améliorer les programmes d’aide aux travailleurs âgés.

1.5. Donner un élan aux régions en mettant fin aux approches « mur à mur »

  • Mettre en place une politique nationale d’occupation dynamique du territoire en s’appuyant sur les décideurs locaux et en misant sur des mesures de soutien flexibles et adaptées aux différentes réalités du Québec.
  • S’assurer que l’utilisation des ressources naturelles génère davantage de retombées pour les régions et constituer des fonds régionaux qui seront notamment financés par les redevances sur ces ressources.
  • Décentraliser les pouvoirs en fonction de la capacité et de la volonté des divers territoires.
  • Maintenir les mesures fiscales destinées aux régions-ressources en leur apportant certains ajustements qui tiendront compte, par exemple, de la situation particulière des MRC frontalières.
  • Soutenir les initiatives régionales qui s’attaquent aux effets négatifs des changements démographiques et soutenir des opérations ciblées de recrutement afin d’attirer dans les régions des professionnels de talent dans les secteurs en pénurie.
  • Offrir aux MRC les moyens nécessaires à l’élection de préfets au suffrage universel et leur confier la mission d’exercer le leadership en matière de développement économique.
  • Recentrer la mission des CRÉ autour de la planification et de la concertation en région, et ce, tout en respectant les compétences actuelles et futures des MRC.
  • Adapter et bonifier les Carrefours de la nouvelle économie (CNE) et favoriser l’arrivée de nouveaux centres de transfert technologique en région.
  • Soutenir des mécanismes d’interaction entre les chercheurs, les entreprises, les financiers et les pouvoirs publics afin d’accélérer le transfert des savoirs et le démarrage de projets.

1.6. Dynamiser le développement de l’agriculture et consolider le secteur des pêcheries et du tourisme

  • Abolir la taxe sur le capital pour les entreprises agricoles.
  • Mettre en place une stratégie afin de stimuler l’intérêt des jeunes pour l’agriculture, notamment par la mise en place d’un programme de soutien au transfert des fermes vers les jeunes générations.
  • Soutenir les efforts des producteurs en matière d’adoption de pratiques agricoles durables, d’agriculture biologique et de développement de nouveaux produits.
  • Adopter une politique sur l’étiquetage de tout produit contenant des OGM.
  • Dédommager adéquatement les artisans, les détaillants et les producteurs qui ont subi des pertes dans la crise de la listériose.
  • Promouvoir les produits québécois au sein des réseaux de distribution, en particulier auprès des épiceries, supermarchés et magasins à grande surface.
  • Coordonner les programmes de développement économique visant la diversification des régions maritimes du Québec, soit le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, la Côte-Nord et les Îles-de-la-Madeleine.
  • Élaborer un programme de prêts maritimes souple et adapté. vSoutenir une stratégie de commercialisation audacieuse de nos produits marins.
  • Développer le potentiel touristique dans toutes les régions du Québec.
  • Soutenir le développement de l’agrotourisme.

1.7. Assurer le développement de la forêt et des mines dans le respect de l’environnement

  • Poursuivre la réforme du régime forestier pour s’assurer du plus large consensus possible.
  • Bonifier la charte du bois québécois afin d’augmenter la proportion de bois d’ici utilisée dans les structures publiques et commerciales.
  • Soutenir activement le développement de la deuxième et troisième transformation du bois.
  • Aider nos entreprises à faire face à la reprise des marchés dès qu’elle se présentera.
  • Revaloriser le travail en forêt afin de contrer une pénurie de main-d’œuvre.
  • Adopter une stratégie minière qui favorisera les retombées au Québec et dans les régions.

1.8. Appuyer le développement de la métropole et de la capitale nationale

Pour la métropole :

  • Confier un pouvoir habilitant à la Ville de Montréal lui permettant d’obtenir plus d’autonomie.
  • Appuyer Montréal pour assurer le renouveau urbain.
  • Soutenir le développement des quatre grandes universités montréalaises.
  • Réaliser un plan intégré de transport collectif.
  • Augmenter les ressources allouées à la francisation des nouveaux arrivants.
  • Relancer les programmes Logement abordable et AccèsLogis.
  • Appuyer des projets d’interventions sociales, de prévention de la violence et de lutte à l’exclusion.

Pour la capitale nationale :

  • Centrer notre action sur l’innovation, la recherche et le développement.
  • Appuyer les initiatives mettant en valeur le caractère international de la capitale nationale.
  • Appuyer le développement d’un réseau de transport en commun urbain et interurbain.
  • Faire de la région une région modèle en matière d’innovation sociale.
  • Soutenir le développement d’un réseau complet d’infrastructures sportives.

Thématique : Économie

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